# Le carnet de croquis : choisir le sien et en faire un outil de travail

> Carnet de croquis ou sketchbook : format, papier, reliure, quoi dessiner dedans, comment s'y tenir au quotidien et comment il nourrit la bande dessinée.

Publié le 31 octobre 2026 · Dessin et outils (https://www.blogdepaprika.com/dessin/)

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## En trois cases

- Un carnet de croquis sert à dessiner souvent et vite : observer, chercher des idées, garder des documents, sans viser la page parfaite.
- Le choix dépend de l'usage : un petit format qu'on emporte partout, un papier adapté à l'outil (crayon, encre, aquarelle), une reliure qui s'ouvre à plat.
- La régularité compte plus que la qualité : quelques minutes de croquis par jour font progresser plus qu'une longue séance par mois.

Un carnet de croquis est un cahier de papier à dessin, souvent petit, qu'on garde sur soi pour dessiner souvent et vite : des passants, des objets, des idées d'histoire, des essais de personnages. On l'appelle aussi sketchbook. Pour quiconque veut faire de la bande dessinée, c'est l'outil de base, avant même la planche.

Cet article fait partie du rayon [Dessin et outils](/dessin/) de Case Piment.

## À quoi sert un carnet de croquis

Le carnet a plusieurs usages, qui se mélangent dans les mêmes pages.

Il sert d'abord à observer. Dessiner ce qu'on voit, une tasse, une main, une rue, un voisin de train, entraîne l'œil et la main ensemble. C'est le fondement du [dessin d'observation](/dessin/apprendre-a-dessiner/), que tous les cours de dessin pratiquent.

Il sert ensuite à chercher. Une idée de personnage, une scène qui revient en tête, une composition de case : le carnet accueille les premiers jets, ceux qu'on ne montrerait à personne.

Il sert enfin de réserve. Un décor croqué en vacances, une posture surprise dans la rue, un objet ancien vu chez quelqu'un : tout cela deviendra un jour de la documentation pour une page de bande dessinée. Les auteurs de récits de terrain, comme ceux de la [BD reportage](/roman-graphique/bd-reportage/), en font un outil de travail central.

## Choisir son carnet

Il n'existe pas de carnet idéal, mais un carnet adapté à ce qu'on veut y faire. Trois critères comptent.

### Le format

Un petit format, de la taille d'une main ou d'un livre de poche, se glisse dans une poche ou un sac et sort partout. C'est celui qu'on utilise le plus. Un format plus grand, A4 ou au-delà, convient au dessin à la table, aux études longues, aux pages de recherche. Beaucoup de dessinateurs ont les deux.

Le format paysage, plus large que haut, se prête bien aux scènes, aux paysages et aux doubles pages panoramiques. Le format portrait, aux personnages et aux pages de bande dessinée.

### Le papier

Le papier doit convenir à l'outil. Un papier léger et lisse va très bien pour le crayon, le stylo et les feutres fins. Pour l'encre au pinceau ou les feutres qui traversent, il faut un papier plus épais. Pour l'aquarelle, un papier conçu pour elle, qui ne gondole pas sous l'eau.

La teinte compte aussi. Un papier blanc éclatant, un papier ivoire plus doux, ou un papier teinté, gris ou beige, qui permet de dessiner les lumières au crayon blanc. Chacun change l'ambiance du dessin.

### La reliure

Une reliure cousue ou collée donne un carnet qui ressemble à un livre et se garde bien. Une reliure spirale permet d'ouvrir à plat et de retourner les pages, pratique pour dessiner debout. Certains carnets cousus s'ouvrent aussi parfaitement à plat, ce qui permet de dessiner sur toute la double page.

## Avec quoi dessiner

Le crayon graphite reste l'outil le plus souple : il se gomme, il permet des gris, il ne traverse pas le papier. Un crayon moyen, HB ou 2B, suffit pour tout. Son défaut, c'est qu'il bave un peu quand les pages frottent l'une contre l'autre au fond du sac.

Le stylo à bille ou le feutre fin obligent à poser un trait sans retour. C'est déroutant au début, puis libérateur : on cesse de chercher la ligne parfaite et l'on dessine plus vite. Beaucoup de dessinateurs de carnet ne jurent que par eux.

Le feutre pinceau et le pinceau à réservoir d'eau, qu'on remplit d'encre ou d'eau, permettent des pleins et des déliés et quelques lavis rapides, sans emporter de flacon. Ils demandent un papier plus épais.

Le mieux est de ne pas multiplier les outils. Un seul, bien connu, vaut mieux qu'une trousse complète qui reste fermée. On en change le jour où l'on a l'impression d'en avoir fait le tour.

## Que dessiner dedans

La page blanche intimide moins quand on a quelques habitudes de sujets.

Les objets de la maison, d'abord : ils ne bougent pas, on peut prendre son temps, et ils apprennent les volumes et la perspective. Une tasse, une chaise, une paire de chaussures.

Les gens, ensuite, mais vite. Dans un café, un transport, une salle d'attente, les gens bougent : on apprend à saisir une posture en quelques secondes. Les premiers essais sont frustrants, et c'est normal.

Les mains et les visages, en séries. Une page entière de mains dans toutes les positions vaut une leçon d'anatomie. Les [expressions du visage](/dessin/expressions-visage-dessin/) se travaillent de la même façon, devant un miroir.

Les idées de récit, enfin : un personnage en dix versions, une case essayée de trois façons, un décor imaginé. Le carnet devient alors le laboratoire de la bande dessinée.

## S'y tenir

Le plus difficile n'est pas de remplir une page, c'est d'en remplir une tous les jours. Quelques habitudes aident beaucoup.

Garder le carnet toujours sur soi, avec un seul outil, un stylo ou un crayon. Si le matériel demande une préparation, on ne dessine pas.

Viser court. Cinq minutes par jour suffisent. La régularité fait plus progresser que des séances longues et rares.

Ne rien arracher. Un carnet avec des pages ratées est un vrai carnet ; on y voit les progrès. Arracher les mauvaises pages pousse à ne plus oser dessiner.

Dater les pages. Relire son carnet trois mois plus tard, en voyant les dates, est l'un des meilleurs encouragements qui soient.

Certains se lancent dans des défis collectifs, comme [Inktober](/publier/inktober/), qui donnent un thème par jour pendant un mois. C'est une bonne façon de prendre l'habitude.

**Le kit du carnet de poche**

- Un carnet de format poche, au papier adapté à votre outil.
- Un seul outil principal : stylo, feutre fin ou crayon.
- Éventuellement un feutre gris pour les ombres.
- Un élastique ou une pince pour tenir les pages au vent.
- La date en haut de chaque page.

## Du carnet à la bande dessinée

Le carnet nourrit directement la bande dessinée. Les personnages naissent souvent de croquis faits sans intention : une silhouette dans la rue, un nez remarqué dans le métro, transformés au fil des pages jusqu'à devenir quelqu'un. Notre article sur [la création d'un personnage de BD](/faire-une-bd/personnage-bd/) part de ce type de recherches.

Le carnet sert aussi à préparer les pages : petits [storyboards](/faire-une-bd/storyboard-bd/) griffonnés entre deux croquis, essais de cadrages, listes de dialogues. Certains auteurs font même leurs premiers récits directement dans le carnet, page après page, avant de passer à la planche.

Enfin, certains carnets deviennent des livres. Les carnets de voyage dessinés sont un genre à part entière, et plusieurs auteurs publient des fac-similés de leurs carnets personnels.

## Les idées reçues qui bloquent

Il faudrait savoir dessiner pour tenir un carnet. C'est l'inverse : on tient un carnet pour apprendre à dessiner.

Un beau carnet serait réservé aux beaux dessins. Un carnet trop précieux paralyse. Mieux vaut un carnet ordinaire qu'on ose salir.

Il faudrait finir chaque dessin. Les meilleurs croquis sont souvent inachevés : ils ont saisi l'essentiel et se sont arrêtés là.

Il faudrait montrer son carnet. Rien n'y oblige : c'est un espace privé, et beaucoup de dessinateurs ne le montrent jamais. Le partager peut motiver, mais ce n'est pas une condition pour progresser.

## Papiers crème, papiers noirs, carnets reliés

Les fabricants proposent aujourd'hui une grande variété de carnets, et le prix varie beaucoup de l'un à l'autre. Les artistes qui pratiquent les techniques humides, aquarelle, lavis, encre diluée, choisissent des feuilles épaisses qui ne gondolent pas. Ceux qui dessinent au crayon blanc ou au pastel aiment le papier noir, qui inverse le travail : on dessine la lumière au lieu de l'ombre. Le papier crème, plus doux pour l'œil que le blanc pur, convient bien aux croquis sur papier au stylo ou au crayon.

Un carnet de dessin relié, cousu, se garde comme un livre ; un sketch book à spirale s'ouvre à plat et se retourne. L'orientation compte aussi : un carnet en orientation portrait pour les personnages, à l'italienne pour les paysages. Le carnet idéal pour le dessin n'existe pas, mais celui qu'on emporte vraiment, si.

## Pour prolonger la lecture

Une fois le carnet devenu une habitude, l'étape suivante est souvent l'encre. Notre article sur [l'encre de Chine](/dessin/encre-de-chine/) explique comment passer du crayon au trait définitif. Et pour une méthode complète d'apprentissage, voyez [apprendre à dessiner](/dessin/apprendre-a-dessiner/).

## Le carnet de croquis en quatre questions

- **Quel format de carnet sert le plus au quotidien ?** Un petit format qu'on emporte partout. Le petit format sort partout : c'est celui qu'on utilise le plus. ([Le format](https://www.blogdepaprika.com/dessin/carnet-de-croquis/#le-format))
- **Pour l'aquarelle, quel papier faut-il ?** Un papier conçu pour l'aquarelle, qui ne gondole pas. L'aquarelle demande un papier conçu pour elle. ([Le papier](https://www.blogdepaprika.com/dessin/carnet-de-croquis/#le-papier))
- **Qu'est-ce qui fait le plus progresser ?** Quelques minutes de croquis chaque jour. La régularité compte plus que la durée. ([S'y tenir](https://www.blogdepaprika.com/dessin/carnet-de-croquis/#sy-tenir))
- **Que faire d'une page ratée ?** La garder : on y voit les progrès. Arracher les mauvaises pages pousse à ne plus oser dessiner. ([S'y tenir](https://www.blogdepaprika.com/dessin/carnet-de-croquis/#sy-tenir))

Case suivante : [Passer du crayon à l'encre de Chine](https://www.blogdepaprika.com/dessin/encre-de-chine/)


## Les questions en bulles

**Quelle différence entre carnet de croquis et sketchbook ?**

Aucune sur le fond : sketchbook est simplement le mot anglais, très utilisé chez les dessinateurs. Les fabricants emploient les deux. Certains réservent sketchbook aux carnets de grand format ou de papier épais, mais l'usage n'est pas fixé.

**Quel grammage de papier pour un carnet de croquis ?**

Pour le crayon et les feutres fins, un papier léger suffit. Pour l'encre et les feutres à alcool, un papier plus épais évite que l'encre traverse. Pour l'aquarelle, il faut un papier conçu pour elle, nettement plus épais. Le grammage est indiqué sur la couverture ou l'étiquette du carnet.

**Faut-il dessiner au crayon ou directement à l'encre dans un carnet ?**

Les deux se pratiquent. Le crayon permet de corriger. Dessiner directement au stylo oblige à accepter les erreurs et fait souvent progresser plus vite, parce qu'on apprend à poser un trait sans repentir. Beaucoup alternent selon les jours.
