# Le blog BD : histoire d'un format, et comment en tenir un aujourd'hui

> Le blog BD : naissance du format dans les années 2000, ses codes, le Festiblog, ce qu'il est devenu et comment tenir un blog BD aujourd'hui.

Publié le 31 octobre 2026 · Montrer son travail (https://www.blogdepaprika.com/publier/)

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## En trois cases

- Le blog BD est un site où un dessinateur publie régulièrement de courtes bandes dessinées, souvent autobiographiques, directement pour ses lecteurs.
- Le format connaît son âge d'or en France au milieu et à la fin des années 2000, avec des rencontres dédiées comme le Festival des blogs BD à Paris.
- Beaucoup de blogs se sont ensuite déplacés vers les réseaux sociaux ; le principe reste le même : publier souvent, court, et construire un lectorat sans attendre un éditeur.

Un blog BD est un site où un dessinateur publie lui-même, régulièrement, de courtes bandes dessinées, souvent sur sa vie quotidienne. Le format a connu en France un véritable âge d'or au milieu et à la fin des années 2000. Une partie de cette pratique s'est ensuite déplacée vers les réseaux sociaux, mais le principe n'a pas changé : publier souvent, court, pour des lecteurs qu'on rencontre directement.

Cet article fait partie du rayon [Montrer son travail](/publier/) de Case Piment.

## La naissance d'un format

Au début des années 2000, ouvrir un blog devient simple et gratuit. Des plateformes permettent de publier un texte et une image en quelques clics, sans connaître le code. Des dessinateurs, amateurs et professionnels, s'emparent de l'outil.

Ce qu'ils publient ressemble peu aux albums des librairies. Ce sont des notes dessinées, d'une case à une page, racontant une anecdote de la journée, une pensée, un souvenir, un agacement. Le dessin est souvent rapide, parfois à peine encré, et le ton volontiers drôle. Le lecteur revient chaque semaine, voire chaque jour, comme on retrouve un ami.

Plusieurs de ces blogs rencontrent un large public et révèlent des auteurs qui publieront ensuite en librairie. Le phénomène est tel que la presse en parle, et que les éditeurs viennent y chercher de nouveaux talents.

## Les codes du blog BD

Le blog BD a développé des habitudes reconnaissables.

La note courte, d'abord : une histoire complète en une page ou moins, pensée pour être lue sur un écran, de haut en bas. Le format vertical, qui s'impose avec la lecture sur ordinateur, préfigure celui des bandes dessinées pour téléphone.

Le quotidien, ensuite. Les sujets viennent de la vie de l'auteur : son travail, ses amis, son chat, ses échecs. L'autodérision est la règle ; l'auteur se dessine souvent en version simplifiée, un personnage qu'on reconnaît d'une note à l'autre. Cette veine rejoint la tradition de [la BD autobiographique](/roman-graphique/bd-autobiographique/).

Le lien avec les lecteurs, enfin. Les commentaires sous chaque note créent une conversation. Les auteurs se lisent entre eux, se citent, se répondent en dessins. Une communauté se forme, avec ses blagues internes et ses rendez-vous.

## Les rencontres et le Festiblog

Le mouvement a eu ses lieux de rencontre physiques. Le plus connu est le Festival des blogs BD, souvent appelé Festiblog, organisé à Paris à partir du milieu des années 2000. Les lecteurs y venaient rencontrer les auteurs qu'ils suivaient en ligne, obtenir des dédicaces, et découvrir les nouveaux venus.

D'autres festivals de bande dessinée ont ouvert des espaces aux blogueurs, et des concours ont récompensé des créations publiées en ligne. Pour beaucoup d'auteurs, ces rencontres ont été le premier contact avec un public réel, et parfois avec un éditeur. Le rituel de la [dédicace](/culture-bd/dedicace-bd/) y a trouvé un nouveau public.

## Ce que le blog est devenu

À partir des années 2010, les lecteurs passent de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux et de moins en moins sur les blogs. Les auteurs suivent : ils publient leurs planches là où se trouvent les lecteurs, sous forme d'images, de carrousels ou de bandes verticales.

Le blog n'a pas disparu pour autant. Beaucoup d'auteurs gardent un site personnel qui sert d'archive, à l'abri des changements de règles des plateformes. D'autres sont passés au [webcomic](/publier/webcomic/), avec des récits plus longs publiés en épisodes. Le principe reste celui du blog BD : publier directement, régulièrement, et construire un lectorat sans attendre.

Une partie de cette histoire a aussi disparu. Des blogs entiers ont été fermés, des plateformes ont cessé de fonctionner, des noms de domaine ont été abandonnés puis repris par d'autres. C'est une fragilité propre au web : sans archive, une œuvre en ligne peut s'effacer.

## Tenir un blog BD aujourd'hui

Ouvrir un blog BD aujourd'hui reste une excellente école. Quelques choix aident à tenir.

Choisir un rythme réaliste. Une note par semaine, tenue pendant un an, vaut mieux qu'une note par jour abandonnée au bout d'un mois. Les lecteurs pardonnent un rythme lent ; ils pardonnent mal l'irrégularité.

Choisir un format et s'y tenir. Une page verticale, un strip de trois cases, un dessin unique avec un texte : le format fixe facilite la production et donne une identité.

Garder la main sur son archive. Un site à soi, avec son propre nom de domaine, protège le travail des aléas des plateformes. On peut ensuite relayer chaque note sur les réseaux, mais l'original reste chez soi.

Penser aux lecteurs sur téléphone. La plupart liront sur un petit écran : texte lisible, pas trop de cases par ligne, image légère.

**Avant d'ouvrir son blog BD**

- Préparer quatre à six notes d'avance avant la première publication.
- Fixer un jour et un rythme de parution.
- Choisir un format de page constant.
- Réserver un nom de domaine à son nom ou au nom du blog, et le renouveler.
- Prévoir une page de présentation et un moyen de contact.
- Garder une copie des fichiers originaux hors ligne.

## Ce qui fait une bonne note

Les notes de blog BD qui marquent ont souvent les mêmes ingrédients. Une situation reconnaissable, d'abord : la file d'attente à la poste, la réunion de famille, le colis jamais livré. Le lecteur s'y retrouve dès la première case.

Un regard particulier, ensuite. La situation est banale, mais l'auteur la voit d'une façon qui n'appartient qu'à lui : une obsession, un détail que personne ne remarque, une mauvaise foi assumée. C'est ce regard qui fait revenir les lecteurs.

Une chute, enfin. La note se termine sur une réplique, un retournement ou une image qui fait sourire ou réfléchir. Sans chute, la note ressemble à un fragment de journal ; avec une chute, elle devient une petite histoire.

## Se faire lire

Publier ne suffit pas, il faut être trouvé. Les blogueurs des années 2000 se faisaient connaître en se lisant entre eux, en s'ajoutant à leurs listes de liens et en commentant les autres. Le principe reste valable : un auteur qui participe à la vie de sa communauté, qui lit, qui commente, qui partage le travail des autres, attire plus de lecteurs qu'un auteur qui ne fait que publier.

Les défis collectifs, comme [Inktober](/publier/inktober/), sont une autre porte d'entrée : pendant un mois, beaucoup de gens regardent les dessins publiés sous le même mot-clé.

## Le blog comme atelier

Au-delà du public, le blog BD a une vertu moins visible : il oblige à finir. Chaque note est une petite histoire complète, avec une chute. Publier chaque semaine, c'est boucler cinquante récits par an. Peu d'exercices font autant progresser en narration.

Il apprend aussi la discipline de la production. Une note par semaine, c'est une idée à trouver, un découpage à faire, un dessin à finir, un fichier à préparer et un texte d'accompagnement à écrire, chaque semaine, quelle que soit l'humeur. Les auteurs qui ont tenu un blog plusieurs années en parlent souvent comme de leur véritable formation.

C'est aussi un endroit pour essayer. Un nouveau style de dessin, un format différent, une couleur, un personnage : le blog accepte l'expérience, et les lecteurs aiment voir un auteur chercher.

## Quelques noms de l'époque

Parmi les auteurs qui ont fait connaître les blogs de bande dessinée en France, on cite souvent Boulet, Pénélope Bagieu, Margaux Motin, Laurel, Martin Vidberg ou Marion Montaigne. Des auteurs déjà publiés, comme Lewis Trondheim, ont eux aussi tenu un journal dessiné en ligne. Beaucoup ont ensuite publié en librairie, preuve que le passage du numérique au papier était possible. Sur Internet, leurs notes ont fixé le format : un comic strip ou une page verticale, une place pour les commentaires, et une parution régulière qui fidélisait la communauté.

## Pour prolonger la lecture

Le blog est une voie parmi d'autres pour montrer son travail. Le [fanzine](/publier/fanzine/), photocopié et vendu de main en main, en est le cousin imprimé. Et pour les récits plus longs publiés en épisodes, voyez [le webcomic](/publier/webcomic/).

## Le blog BD : vrai ou idée reçue ?

- **Un blog BD doit forcément raconter la vie de son auteur.** Idée reçue. L'autobiographie a dominé le format, mais un blog BD peut publier de la fiction, des strips ou des carnets. ([Les codes du blog BD](https://www.blogdepaprika.com/publier/blog-bd/#les-codes-du-blog-bd))
- **Le Festival des blogs BD réunissait à Paris lecteurs et auteurs de blogs.** Vrai. Le Festiblog, organisé à Paris à partir du milieu des années 2000, permettait de rencontrer les auteurs suivis en ligne. ([Les rencontres et le Festiblog](https://www.blogdepaprika.com/publier/blog-bd/#les-rencontres-et-le-festiblog))
- **Une note par semaine tenue un an vaut mieux qu'une note par jour abandonnée au bout d'un mois.** Vrai. Les lecteurs pardonnent un rythme lent, mal l'irrégularité. ([Tenir un blog BD aujourd'hui](https://www.blogdepaprika.com/publier/blog-bd/#tenir-un-blog-bd-aujourdhui))
- **Publier uniquement sur un réseau social met son archive à l'abri.** Idée reçue. Un site à soi, avec son propre nom de domaine, protège mieux le travail des changements de règles des plateformes. ([Tenir un blog BD aujourd'hui](https://www.blogdepaprika.com/publier/blog-bd/#tenir-un-blog-bd-aujourdhui))

Case suivante : [Le fanzine, cousin imprimé du blog BD](https://www.blogdepaprika.com/publier/fanzine/)


## Les questions en bulles

**Le blog BD existe-t-il encore ?**

Oui, même si une grande partie de la publication s'est déplacée vers les réseaux sociaux et les plateformes de lecture en ligne. Des auteurs tiennent toujours un site à eux, qui sert d'archive et de vitrine, et relaient leurs nouvelles planches ailleurs.

**Faut-il raconter sa vie dans un blog BD ?**

Non. L'autobiographie a dominé le format dans les années 2000, mais un blog BD peut publier une fiction en épisodes, des strips d'humour, des carnets de voyage ou des illustrations. Ce qui le définit, c'est la publication directe et régulière.

**Un blog BD peut-il mener à l'édition ?**

C'est arrivé à plusieurs auteurs, dont certains blogs ont été publiés en albums. Mais c'est loin d'être automatique, et ce ne doit pas être la seule raison d'en tenir un. Le blog sert d'abord à pratiquer, à trouver sa voix et à rencontrer des lecteurs.
