Pour débuter le dessin numérique, une tablette graphique sans écran de taille moyenne est souvent le choix le plus raisonnable : elle coûte moins cher et suffit pour apprendre. Une tablette à écran, où l'on voit le trait sous le stylet, est plus naturelle mais plus chère. Une tablette tactile polyvalente avec stylet est une troisième voie, pratique pour dessiner partout.
Cet article fait partie du rayon Dessin et outils de Case Piment. Il ne recommande aucune marque : il donne les critères pour choisir soi-même.
Les trois familles
La tablette sans écran
C'est la tablette graphique classique : une surface plate, reliée à l'ordinateur, sur laquelle on dessine avec un stylet. Le trait apparaît sur l'écran de l'ordinateur, pas sous la main. C'est la solution la moins chère, et elle a équipé des générations d'illustrateurs.
Sa difficulté tient à la coordination : la main dessine en bas, les yeux regardent en haut. Les premières heures sont déroutantes, et beaucoup de débutants pensent à tort qu'ils n'y arriveront pas. Il faut en général quelques semaines de pratique régulière pour que le geste devienne naturel.
La tablette à écran
On dessine directement sur un écran, et le trait apparaît sous la pointe du stylet. L'expérience se rapproche du papier, et l'adaptation est beaucoup plus rapide. En contrepartie, ces tablettes coûtent nettement plus cher, prennent plus de place sur le bureau et demandent un ordinateur pour fonctionner, sauf les modèles autonomes.
La tablette tactile avec stylet
Les tablettes tactiles grand public, utilisées avec un stylet actif, sont devenues de vrais outils de dessin. Elles sont autonomes, se transportent partout et disposent d'applications de dessin complètes. Elles conviennent bien au croquis et à la bande dessinée, avec deux limites : les applications ne sont pas toujours celles qu'on utilise sur ordinateur, et la surface de verre glisse plus que le papier.
Les critères qui comptent vraiment
La taille de la surface active, d'abord. Une surface trop petite oblige à dessiner avec le poignet, et le trait manque d'ampleur. Une surface trop grande demande de grands mouvements et prend beaucoup de place. Un format moyen convient à la plupart des usages.
La sensibilité à la pression : c'est ce qui permet au trait de s'épaissir quand on appuie, comme avec une plume ou un pinceau. Toutes les tablettes sérieuses la gèrent ; les écarts entre modèles se sentent moins que la publicité ne le dit.
La sensibilité à l'inclinaison du stylet, utile pour certains pinceaux numériques qui imitent le crayon tenu de biais. Agréable, pas indispensable pour débuter.
Le confort du stylet : poids, diamètre, boutons, et le fait qu'il fonctionne avec ou sans pile. C'est l'objet qu'on tient pendant des heures, il mérite d'être essayé si possible, en magasin ou chez un ami qui dessine déjà.
La compatibilité avec votre système et vos logiciels, à vérifier sur le site du fabricant avant l'achat.
Le logiciel, aussi important que la tablette
Une tablette sans logiciel ne sert à rien. Pour la bande dessinée, le logiciel doit gérer les calques, les pinceaux qui imitent l'encre, et idéalement des outils de cases, de bulles et de perspective.
Il existe des logiciels gratuits et libres, comme Krita, qui couvrent très bien les besoins d'un débutant. Des logiciels payants, comme Clip Studio Paint, sont pensés spécifiquement pour la bande dessinée et le manga, avec des outils de cases, de bulles et de pages. Les tablettes tactiles ont leurs propres applications de dessin.
Un conseil : avant d'acheter du matériel, essayez un logiciel gratuit avec la souris, juste pour voir si l'interface vous parle. Le choix de la tablette en sera plus éclairé.
Les réglages qui changent tout
Une tablette fraîchement branchée est rarement bien réglée pour dessiner. Quelques minutes dans les paramètres évitent bien des frustrations.
La courbe de pression, d'abord. Elle détermine comment le trait réagit à la force d'appui. Si vous devez écraser le stylet pour obtenir un trait épais, ou si le moindre effleurement donne un trait gras, ajustez-la. La plupart des pilotes et des logiciels proposent un petit test où l'on trace des lignes en appuyant de plus en plus.
La correspondance entre la tablette et l'écran, ensuite. Sur une tablette sans écran, la surface doit avoir les mêmes proportions que l'écran, sinon les cercles deviennent des ovales. Avec deux écrans, on limite la tablette à l'écran où l'on dessine.
Les raccourcis, enfin. Les boutons du stylet et de la tablette peuvent lancer l'annulation, la gomme, le zoom ou la pipette. Bien réglés, ils évitent de lâcher le stylet pour aller au clavier, et le travail devient beaucoup plus fluide.
Un dernier réglage, souvent oublié : la pointe du stylet. Elle s'use avec le temps, surtout sur les surfaces texturées, et se remplace. Une pointe usée accroche et donne un trait irrégulier.
Les pièges du début
Le premier piège est l'abandon trop rapide. Les premiers dessins à la tablette sont presque toujours moins bons que sur papier, surtout avec une tablette sans écran. C'est normal, et cela passe. Une demi-heure par jour pendant un mois fait la différence.
Le deuxième est l'excès de corrections. Le bouton « annuler » est un confort dangereux : on recommence le même trait vingt fois au lieu d'avancer. Certains dessinateurs s'imposent de ne pas annuler pendant le crayonné, comme sur papier.
Le troisième est la course au matériel. Une tablette plus chère ne fait pas mieux dessiner. Les progrès viennent de la pratique, comme sur papier, et le carnet de croquis reste un excellent complément.
Le quatrième touche à l'ordre des opérations : vouloir tout apprendre à la fois, la tablette, le logiciel, la couleur et la bande dessinée. Mieux vaut commencer par des croquis en noir et blanc, avec un seul pinceau, puis ajouter les outils un par un.
Le dernier, enfin : oublier la posture. On dessine longtemps, souvent penché sur l'écran. Une chaise réglée, un écran à bonne hauteur et des pauses régulières évitent les douleurs de poignet et de dos.
Papier et écran : faire travailler les deux
Beaucoup d'auteurs mélangent les supports, et c'est souvent la solution la plus efficace. Le crayonné et parfois l'encrage se font sur papier, à l'encre de Chine par exemple, puis la planche est scannée. La couleur, le lettrage et les corrections se font à l'écran.
Ce mélange permet de garder la sensation du papier tout en profitant des facilités du numérique. Il demande seulement un scanner, ou un bon appareil photo et un éclairage régulier. Un scan en niveaux de gris, à résolution suffisante pour l'impression, se nettoie ensuite en quelques réglages de contraste pour ne garder que le noir de l'encre.
Taille, câble et prix
Les fiches techniques donnent la taille de la surface active en pouces, comme pour les écrans. Une petite tablette de dessin tient sur un coin de bureau ; une grande demande de la place et de grands gestes. La plupart se branchent par un câble USB, certaines fonctionnent aussi sans fil. Le prix suit la taille et surtout la présence d'un écran : une tablette sans écran de taille moyenne coûte bien moins cher qu'une tablette à écran. Les grandes marques du secteur proposent toutes une gamme d'entrée pour débuter ; mieux vaut comparer les critères ci-dessus que les noms.
Pour prolonger la lecture
La tablette ne dispense pas d'apprendre à dessiner. Notre article apprendre à dessiner propose une méthode valable sur papier comme à l'écran. Et pour passer du dessin à la page de bande dessinée, la vue d'ensemble est dans comment faire une BD.
Quelle voie pour vous ?
Quelle famille de tablette pour vous ?
Les voies possibles :
- La tablette sans écran La moins chère ; elle demande quelques semaines pour dessiner en regardant l'écran. Une méthode pour apprendre à dessiner
- La tablette à écran On voit le trait sous le stylet : adaptation rapide, mais prix et encombrement plus élevés. Les gestes de l'encrage, sur papier comme à l'écran
- La tablette tactile avec stylet Autonome et transportable, avec ses propres applications de dessin. Le carnet de croquis, l'autre outil nomade
Case suivante : La perspective, sur papier ou à l'écran
Les questions en bulles
Faut-il un ordinateur puissant pour une tablette graphique ?
Pour dessiner en noir et blanc ou en couleur simple, un ordinateur ordinaire suffit. Les besoins augmentent avec la taille des fichiers, le nombre de calques et certains effets de pinceau. Les fiches des logiciels indiquent la configuration minimale.
Combien de niveaux de pression faut-il ?
La plupart des tablettes actuelles, même d'entrée de gamme, offrent assez de niveaux de pression pour faire varier l'épaisseur et l'opacité du trait. Au-delà d'un certain seuil, la différence se sent peu ; la qualité du réglage du stylet et du logiciel compte davantage.
Une tablette remplace-t-elle le papier ?
Pour certains dessinateurs, oui, complètement. D'autres gardent le papier pour le crayonné ou l'encrage et n'utilisent la tablette que pour la couleur et le lettrage. Rien n'oblige à choisir : beaucoup de bandes dessinées sont faites moitié sur papier, moitié à l'écran.
Les gauchers peuvent-ils utiliser toutes les tablettes ?
Oui. Les tablettes et les stylets se règlent pour les gauchers dans le pilote ou les paramètres. Il faut seulement vérifier que les boutons de raccourci restent accessibles de la main libre.
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