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Culture BD

Le vocabulaire de la BD : les mots pour parler d'une planche

Planche, gouttière, phylactère, récitatif : la bande dessinée a ses mots, que les auteurs, les libraires et les enseignants emploient sans toujours les expliquer. Voici le lexique essentiel, rangé par familles, pour lire une page avec précision ou en parler en classe.

Publié le 6 min de lecture

Planche de bande dessinée générique au crayon, annotée à la main de flèches et de petites étiquettes illisibles dans les marges

Le vocabulaire de la BD se résume à quelques familles de mots : ceux de la page (planche, case, bande, gouttière), ceux du texte (bulle ou phylactère, récitatif, onomatopée), ceux de la fabrication (scénario, découpage, crayonné, encrage, lettrage) et ceux de l'édition (album, série, one-shot). Avec une trentaine de termes, on peut décrire précisément n'importe quelle page.

Cet article fait partie du rayon Culture BD de Case Piment. Il renvoie, pour chaque notion importante, à l'article qui la détaille.

Les mots de la page

La planche est une page entière de bande dessinée. Le mot désigne aussi la feuille originale sur laquelle l'auteur a dessiné. Une planche originale est souvent plus grande que la page imprimée. Voir la planche de BD.

La case, ou vignette, est chaque image encadrée de la planche. Elle a souvent un contour, mais pas toujours : une case peut être ouverte, sans cadre.

La bande, ou strip, est une rangée horizontale de cases. Une planche classique en compte souvent trois ou quatre. Le mot strip désigne aussi une courte bande dessinée d'une seule rangée, publiée dans la presse.

La gouttière est l'espace blanc entre deux cases. C'est là que le lecteur imagine ce qui se passe d'une image à l'autre.

Le gaufrier est une mise en page régulière, avec des cases de même taille alignées comme les alvéoles d'une gaufre.

La pleine page est une case unique qui occupe toute la planche. La double page s'étend sur deux pages en vis-à-vis.

Le hors-champ est ce qui n'est pas montré dans la case mais existe dans l'histoire : une voix, un bruit, un regard vers quelque chose qu'on ne voit pas.

Les mots du texte

La bulle, ou phylactère, contient les paroles ou les pensées d'un personnage. Sa pointe, l'appendice, désigne celui qui parle. Voir les bulles en BD.

Le récitatif est le texte du narrateur, placé dans un cartouche, souvent rectangulaire, sans pointe. Il indique un lieu, un moment, une pensée ou commente l'action.

L'onomatopée est un mot qui imite un bruit, dessiné directement dans l'image : boum, crac, plouf. Voir les onomatopées.

L'idéogramme, dans le vocabulaire de la BD, désigne les petits signes qui expriment un état : étoiles de l'étourdissement, cœurs de l'amour, nuage noir de la colère, gouttes de sueur de la gêne.

Le lettrage est l'écriture des textes, à la main ou avec une police de caractères.

Les mots de l'image

Le plan désigne la distance à laquelle on montre la scène : plan d'ensemble, plan moyen, plan américain, gros plan. L'angle de vue dit d'où l'on regarde : plongée, contre-plongée. Voir les plans en BD.

L'aplat est une surface de couleur unie, ou de noir, sans dégradé ni hachure.

Les hachures sont des traits parallèles qui créent des gris et des volumes à l'encre.

La ligne claire est un style de dessin au contour régulier et aux couleurs en aplats, associé à Hergé. Voir la ligne claire.

Les lignes de mouvement, ou traits de vitesse, sont les petits traits qui suivent un geste ou un objet pour montrer qu'il bouge.

Les mots du récit

La séquence est une suite de cases qui forment une scène, dans un même lieu et un même temps.

L'ellipse est un saut dans le temps entre deux cases ou deux séquences : on ne montre pas ce qui se passe entre les deux, le lecteur le comprend. C'est l'outil de base du récit en bande dessinée, et la gouttière en est la forme la plus discrète.

La chute est la fin d'une histoire courte, souvent un gag ou un retournement, placée dans la dernière case. On parle aussi de gag en dernière case pour l'humour.

Le cliffhanger, mot anglais passé dans l'usage, est une fin de page ou d'épisode qui laisse le lecteur en suspens, pour lui donner envie de lire la suite.

Les mots des traditions

La bande dessinée franco-belge désigne la tradition née dans les journaux et les albums de France et de Belgique, avec son format d'album cartonné.

Les comics sont les bandes dessinées américaines, longtemps publiées en fascicules souples, avec leurs super-héros mais pas seulement.

Le manga est la bande dessinée japonaise, publiée en volumes de petit format, en noir et blanc, et lue de droite à gauche.

Le webcomic est une bande dessinée publiée en ligne, et le webtoon sa variante verticale pensée pour le téléphone. Voir le webcomic.

Les mots de la fabrication

Le scénario raconte l'histoire scène par scène, avec les dialogues. Le synopsis en est le résumé. Voir le scénario de BD.

Le découpage répartit le scénario en pages et en cases. Le storyboard en est la version dessinée, en petit. Le chemin de fer montre toutes les pages du livre en miniature. Voir le storyboard.

Le crayonné est le dessin préparatoire au crayon. L'encrage repasse le crayonné en traits définitifs. Voir l'encre de Chine.

La mise en couleur pose les couleurs, à la main ou à l'ordinateur. Elle est parfois confiée à un coloriste.

Les mots de l'édition

L'album est le livre de bande dessinée, dans le format franco-belge classique : couverture cartonnée, grand format, une cinquantaine de pages.

La série regroupe plusieurs albums avec les mêmes personnages, numérotés en tomes. L'intégrale réunit plusieurs tomes en un volume.

Le one-shot est un récit complet en un seul volume, sans suite. Le roman graphique est une bande dessinée longue et complète, souvent pour adultes. Voir ce qu'est un roman graphique.

La prépublication est la parution en épisodes, dans un journal ou en ligne, avant l'album.

L'ex-libris est une petite illustration imprimée, souvent signée, offerte avec un album par un libraire ou un éditeur.

Les métiers

Le scénariste écrit l'histoire. Le dessinateur la met en images. Le coloriste pose les couleurs. Le lettreur écrit les textes dans les bulles. Souvent, une seule personne cumule plusieurs de ces rôles ; on parle alors d'auteur complet.

L'éditeur choisit les projets, accompagne les auteurs et publie les livres. Le libraire spécialisé conseille les lecteurs. Le festival les réunit tous, le temps d'un week-end, autour des dédicaces.

Pour s'en servir en classe ou en atelier

Ce vocabulaire est souvent enseigné à l'école, où la bande dessinée sert à étudier la narration et l'image. Un exercice simple consiste à prendre une planche et à la décrire avec ces mots, sans juger, puis à se demander pourquoi l'auteur a fait chaque choix : pourquoi un gros plan ici, pourquoi une gouttière large là, pourquoi aucun texte dans cette case.

Pour ceux qui dessinent, le vocabulaire sert surtout à se parler entre auteurs, ou avec un éditeur. Dire « j'aimerais une pleine page ici, puis un gaufrier serré » est plus rapide que de longues explications.

Pour prolonger la lecture

Les mots ont une histoire. L'expression neuvième art, par exemple, a une date de naissance précise. Et pour passer du vocabulaire à la pratique, notre guide comment faire une BD reprend ces notions dans l'ordre de fabrication.

Relier les deux colonnes

Chaque mot avec sa définition

Reliez chaque terme de bande dessinée à sa définition.

Tout est expliqué dans la partie Les mots de la page

Case suivante : Tout sur la bulle et le phylactère

Les questions en bulles

Quelle différence entre case et vignette ?

Aucune dans l'usage courant : les deux mots désignent une image encadrée de la planche. Vignette est un peu plus ancien et plus soutenu ; case est plus courant chez les auteurs et les lecteurs.

Qu'est-ce qu'un one-shot ?

C'est une bande dessinée publiée en un seul volume, qui raconte une histoire complète, sans suite prévue. L'expression, empruntée à l'anglais, s'oppose à la série. Beaucoup de romans graphiques sont des one-shots.

Que veut dire prépublication ?

C'est la publication d'une bande dessinée par épisodes, dans un journal, un magazine ou en ligne, avant sa sortie en album. Longtemps, la plupart des séries franco-belges ont été prépubliées dans des hebdomadaires de bande dessinée.

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